La charge mentale s’installe souvent sans bruit.
Et un jour, une phrase revient en boucle :
“Je n’ai pas de temps pour moi.”
Derrière ces mots, il n’y a pas qu’un emploi du temps chargé.
Il y a une fatigue plus profonde, une pression constante… et parfois les premiers signes d’un épuisement qui s’installe.
Une course permanente… jusqu’à s’oublier
Ces femmes vivent chaque jour comme une course effrénée.
Elles jonglent entre vie professionnelle et vie familiale, planifient, organisent, anticipent… et finissent par s’oublier.
Le week-end ?
Un marathon :
- lessives
- ménage
- repas
- activités des enfants
Et quand un petit créneau “libre” apparaît…
« Autant en profiter pour ranger deux trucs. »
Ces quelques minutes, censées être pour elles, deviennent encore un moment où elles donnent… sans jamais se recharger.
Le piège du “tout finir”
Question de réflexion :
👉 Le “tout finir”… existe-t-il vraiment ?
(Si oui, ça mériterait presque un sujet de philosophie.)
Car dans les faits :
– il y a toujours quelque chose à faire
– toujours une tâche à ajouter
– toujours une case à remplir
Une charge mentale invisible… mais épuisante
Leur cerveau devient un véritable tableau Excel.
Tout doit rentrer dans une case.
- anticiper
- prévoir
- gérer
- penser pour les autres
👉 même penser à ce que l’autre a oublié de penser
Et petit à petit :
- la fatigue s’installe
- l’irritabilité apparaît
- le sentiment d’échec s’invite
“Il m’aide”… mais ce n’est pas suffisant
Certaines le disent en séance, avec gêne :
« Pourtant mon conjoint m’aide. »
Mais ce qu’elles aimeraient vraiment, ce n’est pas de l’aide.
👉 C’est du partage de charge mentale
- qu’il pense
- qu’il anticipe
- qu’il voie
- qu’il agisse sans qu’on le lui dise
Parce que :
Répéter fatigue souvent plus que faire.
Une réalité aussi sociétale
Comme le souligne le Dr Lechemia :
« On demande à une femme de travailler comme si elle n’avait pas d’enfants, d’élever ses enfants comme si elle n’avait pas de travail, et d’avoir l’apparence d’une femme qui n’a ni travail ni enfant. »
Ces situations ne sont pas individuelles.
Elles s’inscrivent dans une réalité plus large :
- 70 % des tâches liées aux enfants sont encore assumées par les femmes
- une double journée professionnelle + familiale
- des attentes élevées sur tous les plans
👉 Résultat :
- les femmes sont plus touchées par le burn-out
- la charge mentale devient un stress chronique
Le vrai blocage : ne pas s’autoriser du temps pour soi
Le problème n’est pas toujours le manque de temps réel.
👉 C’est le manque d’autorisation.
S’autoriser à :
- demander de l’aide
- déléguer
- dire non
- ralentir
- prendre un moment pour soi
Pourquoi c’est difficile ?
- peur d’être jugée
- peur d’être égoïste
- peur que tout s’écroule
👉 et surtout : la culpabilité
Le jour où tout change
Le jour où elles commencent à s’autoriser ces moments…
Même 10 minutes.
Tout change.
Elles réalisent que :
- le bon moment n’arrive jamais → il se crée
- il y aura toujours quelque chose à faire
- parfois… elles créent même des tâches pour éviter de s’arrêter (oui, ça arrive vraiment!)
Reprendre de la place pour exister
Quand elles prennent ce temps :
👉 elles ne “gagnent” pas du temps
Elles récupèrent :
– de l’espace
– de l’énergie
– une présence à elles-mêmes
Exercice : retrouver “la case invisible”
Je vous propose un exercice simple, mais puissant.
Repérez dans votre journée une “case” de 10 à 30 minutes.
Elle existe déjà.
Elle se cache dans :
- un creux
- une attente
- une transition
- une pause non assumée
👉 Et au lieu de penser :
“Autant en profiter pour…”
Arrêtez-vous un instant. Respirez.
Et demandez-vous :
“Et si ce moment était pour moi ?”
Concrètement, ça peut être :
- un thé
- quelques pages d’un livre
- une respiration consciente
- une douche
- un silence
- une courte marche
Et surtout…
👉 faites-le sans culpabilité
Parce qu’à attendre le “bon moment” pour prendre soin de vous… vous risquez simplement de ne jamais le trouver.